Hélène CIXOUS, « Les irréparables » — Collège International de Philosophie, Université Paris VIII à la Maison Heinrich Heine, Cité internationale universitaire de Paris — 2015, les samedi 10 janvier ; 7 février ; 14 mars ; 11 avril ; 9 mai ; 13 juin

Document du mercredi 10 décembre 2014
Article mis à jour le 27 février 2015
par  Hélène Cixous , art./M.P.R.

Collège International de Philosophie et Université Paris VIII à la Fondation de l’Allemagne
– la maison Heinrich Heine est située dans le parc de la Cité internationale universitaire de Paris.

RER : Cité universitaire
HÉLÈNE CIXOUS
SÉMINAIRE 2014-2015
Les irréparables
Mais qu’est-ce qui est arrivé au grand Macbeth, ce général victorieux à la carrière brillante ? Un bel homme, aimé des siens, respecté, admiré, comblé d’honneurs mérités, salué par le roi. Il avait tout pour être heureux. Une femme aimante, distinguée comme une noble romaine. Un château magnifique. Et quel beau paysage ! Tout lui souriait.
Et voilà que du jour au lendemain, une ténèbre — tombe. C’était le lundi qui suivait le triomphe. ÇA ne peut quand même pas être la faute des vieilles sorcières prophétiques ? C’est comme si l’avenir s’était jeté sur lui et lui avait mordu le cerveau avec ses dents empoisonnées. Comme si un télégramme du diable était arrivé. Un mot : Tue ! Une idée horrible vient frapper à la porte de sa pensée. Pensée ? Même pas. C’est comme si la peste avait frappé à la porte de son château. Une seconde d’hésitation. Même pas. C’est comme s’il avait déjà ouvert la porte avant d’ouvrir.
À la seconde, il y a eu ce besoin foudroyant de faire ce qu’on ne doit pas faire, et, subitement, ce qu’on ne peut pas faire, on le fait. Et déjà tout est ruiné et décomposé : la raison, le cœur, le sentiment, la nourriture, le sommeil. On ne peut plus ni dormir, ni se réveiller. Le temps n’a plus ni de passé ni de présent. La première seconde lui a été fatale, on ne peut plus qu’aller de l’avant dans le sang.
Qui pousse les Macbeth au faux pas, comme s’ils étaient des personnages égarés de Dostoïevski ? Il ne faut pas, et parce qu’il ne faut pas on le fait, nous répète Edgar Poe. Nous aussi nous sommes menacés de tentation. Nous jouons avec l’idée de nous débarrasser d’Albertine pendant des centaines de pages jusqu’au jour où elle est partie et notre malheur est arrivé. Il n’y a pas de retour en arrière. Comment ÇA se fait ?
Shakespeare Dostoïevski Derrida
Edgar Poe Thomas Bernhard Proust
Hélène Cixous
Macbeth, King Lear Crime et Châtiment Circonfession, Pardonner
Tales
Le Naufragé
Jean Santeuil, La Recherche du temps perdu Homère est morte

À la Fondation de l’Allemagne, Maison Heinrich Heine, Grande Salle
9h30 à 15h30
samedi 15 novembre 2014, samedi 20 décembre 2014,
samedi 10 janvier, samedi 7 février, samedi 14 mars samedi 11 avril, samedi 9 mai, samedi 13 juin 2015.

http://maison-heinrich-heine.fr/fr/

P. 21 et 22 du programme du Collège International de Philosophie.


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